« Vivre en ville ou à la campagne : insulae contre villa

La vie en ville et la vie à la campagne présentent des avantages et des inconvénients difficiles à trancher. Cette question très actuelle faisait déjà débat durant l’Antiquité et nombreux auteurs latins alimentent de leurs arguments ce dilemme. 

Ainsi le poète Tibulle prône l’idéal champêtre :

« Je chante les campagnes et les dieux de la campagne ; leurs leçons ont fait perdre à l’homme l’habitude d’assouvir sa faim avec le gland du chêne. (…) C’est à la campagne que l’abeille légère amasse le suc des fleurs dans sa ruche printanière, (50) attentive à remplir ses rayons d’un doux miel. (…) »

 Tibule, Elegies II, 1, (partim)

S’il admet avoir apprécié les plaisirs de la ville, Horace revendique aussi la sérénité de la campagne.

« Étant simple esclave, tu désirais tout bas la campagne; (1,14,15) maintenant que tu es fermier, tu désires la ville, les spectacles et les bains. (…) Je n’ai point honte de m’être amusé, mais j’aurais honte de recommencer. Là-bas, nul ne jette sur mon bien-être un œil oblique et ne m’empoisonne en secret de sa morsure et de sa haine; mes voisins rient de me voir remuer ma terre et mes pierres. » 

Horace, Epitres, 1, (partim)

Pour le philosophe Sénèque, le lieu n’est pas déterminant au bien-être :

« Mais est-ce bien tel ou tel lieu qui contribue beaucoup à la tranquillité? L’âme seule donne à toutes choses le prix qu’elles ont pour elle. J’ai vu de délicieuses campagnes habitées par des cœurs chagrins : j’ai vu en pleine solitude le même trouble que chez les gens les plus affairés. Garde-toi donc de penser que si ton âme n’est point entièrement calme, c’est que tu n’es pas en Campanie. »

Sénèque, Lettres à Luculius, (partim)

Et vous, qu’en pensez-vous ?

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